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Pour ouvrir un salon de tatouage en France, aucun diplôme n’est exigé, mais trois conditions du Code de la santé publique s’appliquent avant la première séance : déclarer l’activité à l’agence régionale de santé (ARS), détenir la certification de formation aux conditions d’hygiène et de salubrité, et disposer d’un local avec une salle exclusivement réservée au tatouage. Les mêmes règles valent pour le maquillage permanent et le perçage corporel.
Le cadre date du décret du 19 février 2008, codifié aux articles R1311-1 et suivants du Code de la santé publique, mais la formation a été refondue par un arrêté du 5 mars 2024 : l’ancienne attestation est devenue une certification délivrée par l’ARS, à renouveler tous les cinq ans. Vérifiez la date de tout guide que vous lisez : celui qui décrit une attestation valable sans limite parle de l’ancien système.
1. Formation, certification et déclaration à l’ARS
Le tatouage ne figure pas parmi les activités soumises à qualification par le Code de l’artisanat : aucun CAP ni brevet n’est exigé. Les articles R1311-1 et suivants du Code de la santé publique s’appliquent en revanche au tatouage par effraction cutanée, maquillage permanent compris, et au perçage corporel ; le perçage du pavillon de l’oreille et de l’aile du nez au pistolet perce-oreille a ses propres règles.
La formation d’abord. L’article R1311-3 l’impose à toute personne qui pratique ces techniques, et l’arrêté du 5 mars 2024 en fixe le cadre : au moins vingt et une heures réparties sur trois jours, dont sept heures de pratique, dans un organisme habilité par l’ARS. Après évaluation, l’ARS délivre une certification valable cinq ans, renouvelée par une mise à jour d’au moins sept heures. Une attestation obtenue sous l’ancien arrêté de 2008 doit être transformée en certification : l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes indique un délai jusqu’au 14 mars 2027 pour les attestations délivrées avant le 31 décembre 2022, et de cinq ans au plus, sans dépasser le 31 décembre 2028, pour les suivantes.
La déclaration ensuite. L’article R1311-2 impose de déclarer l’activité, puis sa cessation, auprès du directeur général de l’ARS du lieu d’exercice ; les ARS la reçoivent en ligne, avant le début de l’activité. Elle vaut pour un local donné : un déménagement suppose une nouvelle déclaration, et plusieurs sites en demandent autant. L’ARS Nouvelle-Aquitaine liste les pièces, dont la certification d’hygiène en cours de validité et un justificatif d’enregistrement à l’Urssaf ou au centre de formalités : l’immatriculation vient donc avant la déclaration.
Un guest ou une convention hors de votre local passe par une déclaration ponctuelle, limitée à cinq jours par an dans un même lieu, et l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes rappelle que la réglementation n’autorise pas les salons mobiles. Le détatouage au laser reste réservé aux médecins, et la même ARS précise que le microneedling et les injections d’acide hyaluronique ne se rattachent pas à la réglementation du tatouage.
Un salon de tatouage s’ouvre d’abord sur un plan de local et une certification d’hygiène, bien avant le premier dessin.
2. Immatriculation, statut et assurance
L’immatriculation se fait en ligne sur le guichet des formalités des entreprises, au plus tôt un mois avant le début d’activité et au plus tard quinze jours après. La manière dont l’activité est décrite et rattachée détermine le régime fiscal et social : bénéfices industriels et commerciaux ou bénéfices non commerciaux, artisanat ou profession libérale. Faites trancher ce point par un expert-comptable ou par votre chambre consulaire avant de remplir le formulaire.
En micro-entreprise, le plafond de chiffre d’affaires ne dépend pas de ce rattachement : l’Urssaf l’a fixé à 83 600 € pour les prestations de services relevant des BIC comme des BNC depuis le 1er janvier 2026, au prorata la première année. La franchise en base de TVA s’arrête plus tôt : 37 500 € de prestations l’année précédente, ou 41 250 € sur l’année en cours, pour 2026 selon Entreprendre Service Public.
Les articles R1311-1 à R1311-13 n’imposent aucune assurance, et Entreprendre Service Public ne décrit la responsabilité civile professionnelle comme obligatoire que pour certaines professions réglementées. Une infection ou une réaction à une encre est pourtant le sinistre type du métier : chiffrez cette garantie avant l’ouverture. Une société locataire de son local doit en revanche l’assurer.
3. Le local et le matériel : ce que fixe l’arrêté de 2009
L’article R1311-4 pose deux exigences : le matériel qui traverse la barrière cutanée ou touche la peau ou la muqueuse du client, ainsi que ses supports directs, est soit stérile et à usage unique, soit stérilisé avant chaque utilisation ; et les locaux comprennent une salle exclusivement réservée à ces techniques. L’arrêté du 11 mars 2009 relatif aux bonnes pratiques d’hygiène et de salubrité détaille l’aménagement en trois espaces :
- une salle technique où se réalisent les tatouages, à l’exclusion de toute autre fonction, avec des sols et des plans de travail en matériaux lisses, non poreux, résistants aux désinfectants ;
- un local dédié au nettoyage et à la stérilisation du matériel, avec deux zones séparées, nettoyage-désinfection d’un côté, conditionnement-stérilisation de l’autre ;
- un local dédié à l’entreposage des déchets et du linge sale.
L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes ajoute qu’un accueil n’est pas juridiquement obligatoire mais fortement recommandé, et invite à vérifier auprès de la mairie ou de la préfecture que le local peut recevoir du public.
Pour le matériel réutilisable, l’arrêté prévoit une stérilisation à la chaleur humide et, pour les matériels qui ne supportent pas la chaleur, une fiche de traçabilité à chaque désinfection. L’article R1311-5 assimile les déchets aux déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI) : organisez leur collecte avec un prestataire spécialisé avant la première séance.
Les encres ont leur propre règle. L’article R1311-10 n’autorise que des produits de tatouage conformes aux articles L513-10-1 à L513-10-10 du Code de la santé publique, et la restriction européenne REACH sur les encres (règlement (UE) 2020/2081) s’applique depuis le 4 janvier 2022. Un mélange qui ne porte pas la mention « Mélange pour le tatouage ou le maquillage permanent » ne doit pas être utilisé, et les informations de l’emballage ou de la notice doivent être communiquées à la personne tatouée avant la séance. Un modèle de plan d’hygiène pour studio de tatouage aide à écrire la routine du poste.
Articles connexes
4. Coûts et prix : séance, heure ou pièce
Les postes à chiffrer :
- Ouverture : cloisonnement et revêtements lavables, fauteuils ou tables, éclairage, appareil de stérilisation, formation et certification, premier stock d’encres conformes.
- Charges récurrentes : loyer, énergie, collecte des DASRI, consommables stériles (aiguilles ou cartouches, films, gants), entretien du matériel, assurance, logiciels, comptabilité.
- Temps non facturé : dessin des projets, échanges avant la séance, préparation et nettoyage du poste, mise à jour de la certification tous les cinq ans.
La méthode reste celle d’un taux horaire : charges fixes du mois et rémunération visée, divisées par les heures de séance réellement vendues. Le piège propre au tatouage est le temps de dessin, qui n’apparaît pas dans l’agenda : soit vous l’intégrez au taux horaire, soit vous le facturez à part, mais il doit figurer quelque part. Ajoutez le matériel stérile consommé à chaque séance, qui fixe de fait un prix plancher même pour une petite pièce, puis la TVA si l’entreprise y est assujettie. Pour les grandes pièces en plusieurs séances, annoncez un prix par séance ou par heure plutôt qu’un total que personne ne peut garantir.
L’arrêté du 3 décembre 1987 impose d’afficher la liste des prestations et leurs prix toutes taxes comprises sur un document lisible de l’endroit où la clientèle est reçue, et une partie au moins de ces prix de façon lisible de l’extérieur : un taux horaire, un prix minimum et le prix d’un perçage courant y trouvent naturellement leur place. Une note est due pour toute prestation d’au moins 25 € TTC. Pour l’acompte et les règles d’annulation, notre article sur l’acompte et l’annulation en tatouage détaille ce qu’il couvre et comment l’annoncer.
5. Premiers clients : consultation, consentement et suivi
La clientèle d’un salon de tatouage choisit d’abord un style. La fiche d’établissement Google et la page de réservation doivent donc montrer des réalisations récentes de chaque artiste, les techniques proposées, les horaires et la façon de soumettre un projet. Séparez sur la page de réservation la consultation, courte, des séances, longues : notre article sur la préparation d’une consultation de tatouage décrit ce qu’elle doit produire.
Deux obligations se jouent entre la réservation et la séance. Pour une personne mineure, l’article R1311-11 interdit tout tatouage ou perçage sans le consentement écrit d’une personne titulaire de l’autorité parentale ou du tuteur : demandez-le avant de fixer la séance et conservez-le. L’article R1311-12 impose d’informer la clientèle des risques avant la séance et des précautions à respecter après, par un affichage visible dans le local et par un document remis par écrit, dont le contenu est fixé par arrêté. Rien n’empêche de rappeler en plus les consignes de soin dans le message qui suit la séance.
La confirmation peut porter tout ce qui évite une séance ratée : durée, adresse, pièce d’identité à apporter, consignes de préparation, règle d’annulation ; le modèle de confirmation et de rappel donne une base. Dans la fiche client, notez l’emplacement, le projet, les séances réalisées et les encres utilisées avec leur lot, pour pouvoir répondre si une réaction est signalée. Allergies et traitements sont des données de santé, et la CNIL rappelle que leur traitement suppose le consentement de la personne ; le modèle de fiche client permet de commencer sur papier.
Avec plusieurs artistes et des projets en plusieurs séances, un logiciel pour studio de tatouage tient l’agenda de chacun, les rappels et l’historique. Salon Wizard est l’un de ces outils ; il ne gère ni la caisse ni la comptabilité, qui restent à organiser à part.
Premier temps : la formation et le local. Obtenez ou faites convertir la certification d’hygiène, et ne signez un bail qu’après avoir vérifié que le local peut accueillir une salle technique dédiée, un local de stérilisation en deux zones et un local à déchets. Deuxième temps : les formalités, dans cet ordre – immatriculation sur le guichet unique, déclaration à l’ARS, collecte des DASRI et stock d’encres étiquetées selon REACH. Troisième temps : l’ouverture, avec un taux horaire qui intègre le dessin, des prix affichés, une information écrite sur les risques et les soins, et une procédure pour les mineurs.
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