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En France, un salon de coiffure affiche en vitrine au moins dix prix TTC, vingt s’il reçoit hommes et femmes, et tient à la caisse la carte complète de ses tarifs ; un institut de beauté affiche au moins dix prix lisibles depuis la rue. Sur tous les supports, votre site et votre page de réservation compris, le prix annoncé doit être la somme totale que la personne paiera.
Ces obligations viennent de quatre arrêtés toujours en vigueur : deux du 27 mars 1987, l’un pour la coiffure, l’autre pour l’esthétique, celui du 3 décembre 1987 sur l’information du consommateur, qui vaut pour toutes les prestations de services, et, pour la note, celui du 3 octobre 1983. Le Code de la consommation fournit le cadre autour : le prix avant le contrat, le mode de calcul quand un prix varie, une amende en cas de manquement.
Chaque texte cité a été lu dans sa version en vigueur sur Légifrance ou sur le site de la DGCCRF le 25 septembre 2026. Ce sont les règles françaises : en Belgique, en Suisse, au Luxembourg ou au Québec, d’autres textes s’appliquent.
1. En vitrine et à la caisse : les deux arrêtés de 1987
Pour la coiffure, l’arrêté du 27 mars 1987 relatif à la publicité des tarifs de coiffure impose un double affichage. En vitrine, « de manière visible et lisible de l’extérieur de l’établissement », au moins dix prix T.T.C. dans un salon pour hommes ou pour dames, et au moins vingt, dont dix pour chaque clientèle, dans un salon mixte ; la FAQ de la DGCCRF ajoute « si ce nombre de prestations est offert ». Le même tarif est affiché à l’intérieur, au lieu de paiement. À la caisse, une carte donne les prix de tous les services, avec des exemplaires pour la clientèle, et les deux panneaux signalent qu’on peut la consulter.
Pour l’esthétique, l’arrêté du même jour relatif aux prestations d’esthétique corporelle vise les « exploitants d’instituts de beauté » : au moins dix prix TTC lisibles de l’extérieur, avec la mention de la liste complète, puis le tarif intégral à l’intérieur, au lieu de paiement.
Les deux textes exigent qu’un forfait regroupant au moins deux prestations fasse « apparaître le détail des prestations qui les composent ». Un « forfait couleur » doit donc dire ce qu’il comprend : shampoing, application, pose, séchage.
- Le barbier : selon la FAQ de la DGCCRF sur l’encadrement des soins esthétiques et de la coiffure, datée du 19 février 2026, sa réglementation est identique à celle du coiffeur.
- Les produits vendus au comptoir : la même FAQ rappelle que leurs prix s’affichent aussi.
- Onglerie, bar à sourcils, studio de tatouage : s’applique au moins l’article 13 de l’arrêté du 3 décembre 1987, qui exige l’affichage du prix de toute prestation « dans les lieux où la prestation est proposée au public », sur un document unique lisible de l’endroit où la clientèle est habituellement reçue, ainsi qu’un affichage lisible de l’extérieur du prix de « tout ou partie des prestations ».
Le bon prix affiché est celui qu’on retrouve, au centime près, sur la note.
2. Un prix TTC complet, sans surprise au moment de payer
L’article 1er de l’arrêté du 3 décembre 1987 pose la règle centrale : toute information sur les prix fait apparaître, « quel que soit le support utilisé, la somme totale toutes taxes comprises qui devra être effectivement payée par le consommateur ». Un tarif hors taxes, un prix « hors produits » ou une coupe dont le prix exclut un séchage que tout le monde reçoit n’y répondent pas.
Le même article admet une seule exception : peuvent s’ajouter les frais de « prestations supplémentaires exceptionnelles expressément réclamées par le consommateur et dont le coût a fait l’objet d’un accord préalable ». Un soin demandé en cours de rendez-vous, dont le prix a été dit avant, en fait partie ; un supplément appliqué d’office aux cheveux longs ou épais, non : sa place est sur le tarif.
L’article 3 ajoute que, si le prix annoncé ne comprend pas un élément ou une prestation « indispensables à l’emploi ou à la finalité » du service proposé, cette particularité doit être indiquée explicitement. Une coupe qui s’entend sans shampoing se signale sur la carte, à côté du prix, et non à l’encaissement.
- En franchise en base de TVA, vous ne facturez pas de TVA, mais le prix affiché reste la somme réglée : rien à ajouter ni à retrancher en caisse.
- À chaque changement de tarif, vitrine, carte, site et page de réservation changent le même jour. Deux supports qui divergent mettent la cliente face à deux prix pour une même prestation.
3. « À partir de », suppléments et prix sur devis
Aucun des textes que nous avons lus n’interdit la mention « à partir de », mais aucun ne s’en contente. L’article L112-3 du Code de la consommation prévoit que, lorsque le prix « ne peut être raisonnablement calculé à l’avance du fait de la nature du bien ou du service », le professionnel fournit le mode de calcul du prix. Un « à partir de » isolé ne donne ni la somme ni ce calcul : il annonce seulement que le prix montera.
La fiche de la DGCCRF sur l’information sur les prix, datée du 21 mai 2026, le résume : le consommateur « doit être en mesure de connaître le prix qu’il aura à payer sans être obligé de le demander ». Elle rappelle aussi qu’une présentation de nature à induire en erreur sur le prix peut constituer une pratique commerciale trompeuse.
- Des lignes plutôt qu’un écart : un prix pour cheveux courts, un pour mi-longs, un pour longs, avec la limite de chaque catégorie écrite en clair.
- La règle quand le prix dépend du temps ou du produit : un tarif horaire pour un chignon de mariée, un montant par dose supplémentaire de couleur.
- Le devis pour les créations sur mesure, remis avant de commencer ; si son établissement est payant, la DGCCRF indique que ce prix-là doit être affiché.
Pour fixer ces lignes, partez de vos coûts : charges du mois, heures réellement vendues, durée et produit de chaque prestation. Le calculateur de prix des prestations de coiffure part de votre coût horaire, de la durée et du produit consommé pour aboutir au prix que la personne paiera. Et toute annonce de réduction doit indiquer, rappelle la DGCCRF, le prix le plus bas pratiqué au cours des trente jours qui précèdent la promotion (article L112-1-1 du Code de la consommation).
Articles connexes
4. Site, réseaux sociaux et page de réservation
Les textes suivent vos tarifs hors de la vitrine : l’article 1er de l’arrêté du 3 décembre 1987 vaut « quel que soit le support utilisé », et la DGCCRF précise que l’information sur les prix est obligatoire à distance, internet compris. Site, fiche d’établissement sur un moteur de recherche, publication annonçant une offre, page de prise de rendez-vous : partout, un prix TTC complet.
Pour la réservation, deux textes s’ajoutent. L’article 14 du même arrêté veut que le prix d’une prestation proposée selon une technique de communication à distance soit « indiqué de façon précise au consommateur, par tout moyen faisant preuve, avant la conclusion du contrat ». L’article L111-1 du Code de la consommation range le prix parmi les informations à communiquer « de manière lisible et compréhensible » avant que le consommateur soit lié. Une page qui montre la prestation sans son prix, ou avec un autre montant que la carte du salon, ne remplit pas ces conditions.
- Les mêmes intitulés partout : le « balayage » de la vitrine ne devient pas « éclaircissement signature » en ligne, sinon personne ne peut comparer.
- Le prix fixe d’abord : si votre outil de réservation propose un prix fixe, un prix « à partir de » et un prix « sur demande », retenez le prix fixe chaque fois que c’est possible et décrivez ce qui fait varier les autres.
- Une trace datée : gardez une copie de votre carte à chaque changement de prix ; « par tout moyen faisant preuve » suppose de pouvoir montrer ce qui était affiché le jour de la réservation.
Si vous proposez la prise de rendez-vous en ligne, relisez votre page de réservation avec le même soin que le tarif de la vitrine, après chaque mise à jour de vos prestations.
5. La note, les contrôles et la réponse écrite de l’administration
L’arrêté n° 83-50/A du 3 octobre 1983 impose la remise d’une note, « dès qu’elle a été rendue et en tout état de cause avant paiement du prix », pour toute prestation d’au moins 25 € TVA comprise ; en dessous, la note est remise si la personne la demande. Son article 2 exige que ces conditions soient rappelées « par un affichage lisible au lieu où s’exécute le paiement du prix ».
Les contrôles relèvent de la DGCCRF et de ses services départementaux. L’article L131-5 du Code de la consommation prévoit, pour tout manquement aux règles d’information sur le prix et aux arrêtés pris pour leur application, une amende administrative pouvant atteindre 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale.
En cas de doute, la page du ministère de l’Économie sur les obligations des professionnels en matière d’affichage des prix décrit le « rescrit consommation » : l’administration prend formellement position sur votre magasin ou votre site internet, sur demande faite avec le formulaire « Prise de contact DGCCRF » de la plateforme Démarche numérique, accompagné du formulaire Cerfa n° 15787 rempli. C’est la voie pour une question comme « mon onglerie est-elle un institut de beauté au sens de l’arrêté de 1987 ? ». Votre chambre de métiers ou votre organisation professionnelle peut aussi vous orienter.
À vérifier à chaque hausse de tarif :
- un tarif de vitrine lisible depuis le trottoir, avec assez de prix pour votre type de salon ;
- le même tarif au lieu de paiement, avec la mention de la carte complète ;
- des forfaits détaillés et des prix variables qui disent ce qui les fait varier ;
- les mêmes montants sur le site, les réseaux et la page de réservation ;
- l’affiche sur la note près de la caisse.
L’affichage des prix en salon tient en peu de règles, toutes vérifiables : un tarif en vitrine et au lieu de paiement, une carte complète à la caisse, des prix TTC qui correspondent à ce que la personne règle, des forfaits détaillés, un mode de calcul dès qu’un prix varie, et les mêmes montants en ligne qu’au salon.
Faites le tour une fois par an et à chaque changement de tarif. Pour toute question que ces textes ne tranchent pas pour votre activité, demandez un rescrit plutôt que de deviner.
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